Comment un ancien photographe de playboy et opérateur d'actualités cinématographiques durant la guerre devient très rapidement, grace a une serie de films a petit budget, le grand papa du cinéma "x" à venir dans les années 70.
Bien que le premier film de Meyer semble etre tombé dans les oubliettes du cinéma erotique aujourd'hui, il n'en demeure pas moins le precurseur du premier film pornographique diffusé à grande echelle aux etats unis, le célèbre "gorge profonde" de Damiano dans les années 70. Pourtant, meme si la comparaison faite, on qualifia souvent Russ Meyer de precurseur du Porno, il serait injuste de qualifier son cinéma de pornographique, le terme etant plus que discutable. Que ceux qui voient en la pornographie, l'exhibition des organes sexueles lors de rapports non simulés se rassurent, Russ Meyer ne tombe jamais dans le vulgaire, et meme si son cinéma vise un public adulte (la quadrilogie des "vixen" ayant été interdite aux moins de seize ans), on ne voit en definitive quasiment rien, sinon quelques femmes nues, dans des poses qui, loin d'etres provoquantes reflètent plutot le coté artistique du réalisateur qui ne l'oublions pas a passé plusieurs années comme photographe chez "playboy". Son premier film,"l'immoral monsieur Teas" illustre bien la comparaison avec le cinéma pornographique. Russ Meyer y mettait en scène un livreur a bicyclette possèdant l'extraordinaire don de deshabiller mentalement toute les jeunes filles qu'il voyait. En cela, le film resume bien le concepte du porno qui propose outre des scenes erotiques, des scenarios frisant souvent le ridicule avec un file conducteur parfois très simpliste, le tout non denué d'humour. Russ Meyer avait tout comprit au cinéma et a sa commercialisation, sachant se qui plairait a ses comtemporains, soit de tres fortes poitrines, de la violence et du rockn'roll, le tout habillement melangés pour que, sans tomber dans la crudité explicite qui allait constituer le principal attrait du cinéma "x" des années 70, le spectateur puisse, selon les dires meme du réalisateur, avoir la liberté de develloper ses propres fantasmes, car pour Meyer, trop d'étreinte explicite tue l'erotisme, d'ou sa vision plus discrète de la sexualité. En clair, Meyer avait trouvé le bon filon, et dieu seul sait qu'il allait l'exploiter, l'user jusqu'à la moelle pendant vingt ans.
Si aujourd'hui tout le monde connait les celebrissimes affiches des "vixens" avec ses pin up aux attributs mamaires protuberants, la deuxieme periode de ce réalisteur, elle aussi tombée dans l'oublie refait peu a peu surface aujourd'hui. Après l'echec commercial de "the immoral west", le realisateur tire une leçon de ce dernier film: l'humour et l'erotisme ne fait pas bon menage. Un dosage minutieux est donc de rigueur. Meyer va alors realiser une sorte de trilogie, trois western moderne, a sa sauce, a la fois violent et erotique. Cette trilogie sera annoncée par "Lorna", s'en suivront "rope of flesh", "motor psycho" et "faster pussycat kill kill", dont Tarantino qui cultivant le gout pour le pastiche a rendu un très bel hommage dans son dernier "death proof". Ces trois films sortirent la meme année (1965), tournés en noir et blanc, ils métaient en scène des femmes aux poitrines genereuses se rebellant contre des males macho, le tout se finissant par un bain de sang ou le coupable ainsi punit laissait s'enfuir le cowboy venu a la rescousse de la belle jeune femme. On alors dans cette trilogie, un coté caché de la personnalité du réalisateur qui se pose en moraliste ambigu, laissant les femmes se complairent aux bras des males viriles, prenant ainsi du bon temps, ou au contraire, infligeant une punition a ces femmes frivoles, violés par un fou furieux à la fin du film.
En 1968, c'est au tour du premier volet de la quadrilogie des "vixen" de faire son apparition sur les ecrans. Russ Meyer touche alors un public plus vaste. Meme si le film est clairement pour un public adulte, le theme de l'infidélité conjugale et de la fornication etant les principaux du film, Meyer s'approprit les faveurs d'un public bien particulier, les femmes emancipées. Avec des poitrines a ne plus savoir qu'en faire, et des femmes dominatrices qui se livrent a des jeux sexuels diverses et variés, l'homosexualité feminine n'étant pas exclue de son cinema, Meyer fait voler les tabous et exhibe sous sa camera des femmes nus qui etonnament, sans deux sous de vulgarité, s'accouplent dans toutes les combinaisons possibles avec des hommes, allant du gentil timide au mechant matcho.
Le premier "vixen", sans aucune logique constituait un enchevetrement de scènes erotiques et de dialogues trop bavards et pompeux qui ne sont pas sans rappeler les dialogues extravagant des films de Quentin Tarantino. Face au succès de ce premier episode, les films de Meyer connurent une plus large distribution, Hollywood, toujours a l'affut de nouveauté se mettant alors a faire des propositions. Se n'est qu'après quelques films aux avis mitigés, tels que "fanny hill", "la vallée des plaisirs" ou encore "la vallée des poupées" qui bien sur, oubliés aujourd'hui ne demeurent pas au panthéon de ses oeuvres et que très peu, hormis les inconditionnels du genre, ont retenu, que l'on retrouva le deuxieme volet tant attendu, dans une production independante, "supervixens", soit sept ans après le premier film du nom. Le film, touné en 1975 fut suivit par un "megavixens" l'année suivante et un "ultra vixen" trois ans plus tard.
Le realisateur a su, tout au long de sa carriere plutot prolifique, donner une nouvelle impulsion au cinema erotique, en touchant un public nouveau, allant vers l'emancipation de la femme et la libération des moeurs. Avec son humour potache, sa violence anticipatrice du futur "orange mecanique" et son erotisme implicite et sugestif, nous livre quelques fleurons du genre qui font desormais partie de la légende.