introduction

introduction
Du mort vivant en passant par le vampire, avec profanation de sepulture, spectres, invasion extra-terrestre, le tout sur fond de cataclisme nucléaire, qui d'autre que Edward Wood jr n'a t-il mieu illustré toute la magie du cinéma bis, de la serie Z, du film maudit et du cinema de quartier, en un seul et même film ? Plus de 100 ans de cinéma fantastique si l'on considere le "voyage sur la lune" de Melies comme le premier film de science fiction. "Le voyage sur la lune" date de 1902, on le considere comme le premier film qui trouve dans les origines du cinema muet une place au panthéon du cinéma de l'imaginaire. Le film d'épouvante lui, du fait de la censure a du mal a percer, et ce n'est qu'après la premiere guerre mondiale que les premiers films horrifiques feront leur apparition. On compte parmis eux le célèbre "Nosferatu", qui se place comme un chef d'oeuvre de l'expressionisme Allemand et aussi comme une reference incontestable du film fantastique et meme disons le franchement, du cinema d'horreur a venir. Certaines scenes du "Nosferatu" de Murnau inspirèrent de nombreux réalisateurs, notamment Werner Herzog qui realisa un remake du film de Murnau en 1979. Aujourd'hui encore, on trouve l'inspiration de ce film dans notre cinema fantastique, on pense tout particulierement a ce film sorti en 2000, "Shadow of the vampire" de Elias Merhige dans lequel on suit le tournage du film "Nosferatu", avec Malkovitch dans le role de Murnau, reprenant la legende selon laquelle l'acteur jouant le comte Dracula etait un authentique vampire. Ainsi, l'histoire du cinema fantastique s'ouvre en quelque sorte sur l'adaptation d'un des chefs d'oeuvres de la littérature, le "Dracula" de Bram Stoker. Suivront ensuite d'autres films de l'expressionisme Allemand tel que "Faust", du meme Murnau et bien sur l'incournable "Metropolis", merveille d'anticipation. Ce debut de vingtieme siècle verra egalement l'apparition de la premiere scène que l'on pourrait qualifier de gore au cinéma et qui n'est autre que la très celebre scène de l'oeil dans le court métrage de Bunuel, "un chien andalou" dans laquelle on peut voir une lame de rasoir couper en deux un globe occulaire. Bunuel ouvre ainsi la voit au cinéma surréaliste, laissant place a l'onirisme et a l'inconscient, deux notions fondamentales du cinema fantastique d'aujourd'hui.

# Posté le mercredi 01 août 2007 07:48

le cinéma de Russ Meyer

le cinéma de Russ Meyer
Comment un ancien photographe de playboy et opérateur d'actualités cinématographiques durant la guerre devient très rapidement, grace a une serie de films a petit budget, le grand papa du cinéma "x" à venir dans les années 70.

Bien que le premier film de Meyer semble etre tombé dans les oubliettes du cinéma erotique aujourd'hui, il n'en demeure pas moins le precurseur du premier film pornographique diffusé à grande echelle aux etats unis, le célèbre "gorge profonde" de Damiano dans les années 70. Pourtant, meme si la comparaison faite, on qualifia souvent Russ Meyer de precurseur du Porno, il serait injuste de qualifier son cinéma de pornographique, le terme etant plus que discutable. Que ceux qui voient en la pornographie, l'exhibition des organes sexueles lors de rapports non simulés se rassurent, Russ Meyer ne tombe jamais dans le vulgaire, et meme si son cinéma vise un public adulte (la quadrilogie des "vixen" ayant été interdite aux moins de seize ans), on ne voit en definitive quasiment rien, sinon quelques femmes nues, dans des poses qui, loin d'etres provoquantes reflètent plutot le coté artistique du réalisateur qui ne l'oublions pas a passé plusieurs années comme photographe chez "playboy". Son premier film,"l'immoral monsieur Teas" illustre bien la comparaison avec le cinéma pornographique. Russ Meyer y mettait en scène un livreur a bicyclette possèdant l'extraordinaire don de deshabiller mentalement toute les jeunes filles qu'il voyait. En cela, le film resume bien le concepte du porno qui propose outre des scenes erotiques, des scenarios frisant souvent le ridicule avec un file conducteur parfois très simpliste, le tout non denué d'humour. Russ Meyer avait tout comprit au cinéma et a sa commercialisation, sachant se qui plairait a ses comtemporains, soit de tres fortes poitrines, de la violence et du rockn'roll, le tout habillement melangés pour que, sans tomber dans la crudité explicite qui allait constituer le principal attrait du cinéma "x" des années 70, le spectateur puisse, selon les dires meme du réalisateur, avoir la liberté de develloper ses propres fantasmes, car pour Meyer, trop d'étreinte explicite tue l'erotisme, d'ou sa vision plus discrète de la sexualité. En clair, Meyer avait trouvé le bon filon, et dieu seul sait qu'il allait l'exploiter, l'user jusqu'à la moelle pendant vingt ans.

Si aujourd'hui tout le monde connait les celebrissimes affiches des "vixens" avec ses pin up aux attributs mamaires protuberants, la deuxieme periode de ce réalisteur, elle aussi tombée dans l'oublie refait peu a peu surface aujourd'hui. Après l'echec commercial de "the immoral west", le realisateur tire une leçon de ce dernier film: l'humour et l'erotisme ne fait pas bon menage. Un dosage minutieux est donc de rigueur. Meyer va alors realiser une sorte de trilogie, trois western moderne, a sa sauce, a la fois violent et erotique. Cette trilogie sera annoncée par "Lorna", s'en suivront "rope of flesh", "motor psycho" et "faster pussycat kill kill", dont Tarantino qui cultivant le gout pour le pastiche a rendu un très bel hommage dans son dernier "death proof". Ces trois films sortirent la meme année (1965), tournés en noir et blanc, ils métaient en scène des femmes aux poitrines genereuses se rebellant contre des males macho, le tout se finissant par un bain de sang ou le coupable ainsi punit laissait s'enfuir le cowboy venu a la rescousse de la belle jeune femme. On alors dans cette trilogie, un coté caché de la personnalité du réalisateur qui se pose en moraliste ambigu, laissant les femmes se complairent aux bras des males viriles, prenant ainsi du bon temps, ou au contraire, infligeant une punition a ces femmes frivoles, violés par un fou furieux à la fin du film.

En 1968, c'est au tour du premier volet de la quadrilogie des "vixen" de faire son apparition sur les ecrans. Russ Meyer touche alors un public plus vaste. Meme si le film est clairement pour un public adulte, le theme de l'infidélité conjugale et de la fornication etant les principaux du film, Meyer s'approprit les faveurs d'un public bien particulier, les femmes emancipées. Avec des poitrines a ne plus savoir qu'en faire, et des femmes dominatrices qui se livrent a des jeux sexuels diverses et variés, l'homosexualité feminine n'étant pas exclue de son cinema, Meyer fait voler les tabous et exhibe sous sa camera des femmes nus qui etonnament, sans deux sous de vulgarité, s'accouplent dans toutes les combinaisons possibles avec des hommes, allant du gentil timide au mechant matcho.
Le premier "vixen", sans aucune logique constituait un enchevetrement de scènes erotiques et de dialogues trop bavards et pompeux qui ne sont pas sans rappeler les dialogues extravagant des films de Quentin Tarantino. Face au succès de ce premier episode, les films de Meyer connurent une plus large distribution, Hollywood, toujours a l'affut de nouveauté se mettant alors a faire des propositions. Se n'est qu'après quelques films aux avis mitigés, tels que "fanny hill", "la vallée des plaisirs" ou encore "la vallée des poupées" qui bien sur, oubliés aujourd'hui ne demeurent pas au panthéon de ses oeuvres et que très peu, hormis les inconditionnels du genre, ont retenu, que l'on retrouva le deuxieme volet tant attendu, dans une production independante, "supervixens", soit sept ans après le premier film du nom. Le film, touné en 1975 fut suivit par un "megavixens" l'année suivante et un "ultra vixen" trois ans plus tard.

Le realisateur a su, tout au long de sa carriere plutot prolifique, donner une nouvelle impulsion au cinema erotique, en touchant un public nouveau, allant vers l'emancipation de la femme et la libération des moeurs. Avec son humour potache, sa violence anticipatrice du futur "orange mecanique" et son erotisme implicite et sugestif, nous livre quelques fleurons du genre qui font desormais partie de la légende.

# Posté le mercredi 01 août 2007 08:25

le cinéma "x" des annés 70

le cinéma "x" des annés 70
Les années 70 virent l'escalade du cinéma erotique jusqu'a la pornographie pure et dure.
On s'en était tenu jusqu'a aujourd'hui a de la "pornographie soft", et un certain erotisme plutot chic, on pense entre autre a "emmanuelle". L'arrivée du hard Americain sur grand ecran allait secouer la petite communauté des spectateurs (voir la photo ci contre). Le hard americain, que l'on peut tout simplement qualifier de pornographique, s'éleva a environ 15% du marché cinématographique, soit une augmentation de 11% depuis les années 60. On se rappel des controverses concernant le fameux "deep throat" qui propulsa Linda Lovelace au rang de star, en quelque sorte la premiere de l'histoire du porno. Le deferlement se poursuivit avec des films aux titres eloquents comme "les charnelles", "les goulues" ou encore "les butineuses". Le gouvernement devait reagir. S'en suivit un texte de loi (30 decembre 1975) voté au parlement, toujours en vigueur aujourd'hui, qui regla le probleme severement. Les films, desormais classés "x", ne pourraient etre projetté que dans des salles specialisés, (on se rappel que "deep throat" fut le premier a etre diffusé dans des salles non specialisés, au milieu des autres films). Le probleme était réglé. De plus, les films classés "x", qu'ils soient pornographiques ou violents allaient etre soumi a des restrictions plus dures: tva majorée, taxation forfaitaire de 300 000F pour les longs metrages etrangés, suppression des droits de soutient pour les producteurs. Le porno etrangé fut ainsi eliminé, laissant seul le porno national prosperer quelques années, remplissant ainsi les caisses de l'état. Certains films furent détruits sur decision judiciaire et certains techniciens durent payer de lourdes amendes. D'autres, plus malins, comme Robbe-Grillet firent passer l'érotisme au cinema sur le compte de la culture. Mais très vite, le cinema "x" perdit de sa popularité et retomba au 5% de spectateurs qu'il avait connu dans les années 60.

# Posté le mercredi 01 août 2007 08:28

"the night of the living dead" de george A. Romero

"the night of the living dead" de george A. Romero
On a toujours consideré "the night of the living dead" comme un chef d'oeuvre du genre, un film qui a bousculé le petit monde du zombi du cinéma d'épouvante gothique qui jusque la s'était contenté de films plutot soft comme "les morts vivants" de Victor Halperin et "vaudou" de Jacque Tourneur en 1943, lesquels restaient en definitive, pour le premier, interpreté par Bela Lugosi, très très romantiques, comme pouvait l'etre le cinéma gothique de l'époque et très psychologique pour le second. Chez Romero, finit les belles créatures fantomatiques des années 30, le zombi de Halperin et de Tourneur allait se transformer en une créature ideuse, a la demarche trainante, le visage et la peau dechiquetés et ensanglantés, et dont le seul moyen d'en venir a bout est la destruction du crane dans lequel se trouve le seul organe ayant continué de fonctionner : le cerveau. Plus gore, plus trash, au gout du jour, Romero va, tout en gardant des elements du cinema gothique (le lieu isolé au fond d'une campagne anglaise?, la brume, les chasseurs de monstre, les emprises maléfiques) bouleverser une société Americaine puritaine qui n'était pas encore prete a voir la denonciation des moeurs a travers une caricature plutot violente et cruelle. Cadavres, chair, sang voir meme cannibalisme, Romero montre ici le zombi comme jamais il n'avait été montré. De plus, a travers l'histoire de ces personnes ayant trouvé refuge dans une grange assiégé par les morts, c'est la caricature d'un pays en crise qui est faite. Plus qu'un film d'épouvante, "the night of the living dead" se pose comme une reflexion sur le malaise politique et social pré 69. Car si les zombis semblent constituer une certaine menace, la veritable menace elle viendra plutot de l'interieur. En ce sens, le film de Romero se pose comme une veritable application de la formule Sartrienne: "l'enfer, c'est les autre". Les morts ne sont plus qu'un pretexte pour reunir a "huit clos" un groupe d'individus dans l'impossibilité de sortir, et qui devront choisir entre s'entre aider ou la jouer solo : ils finiront par s'entre tuer. Un homme en abat un autre de sang froid, un jeune homme "joue" avec sa soeur, une petite fille tue sa mere avant de la devorer, bref, Romero desintegre par ce drame la sainte famille americaine et pousse jusqu'a l'ultime acte d'abomination a l'encontre des moeurs et de la religion, l'acte cannibal. Ainsi, découle du drame le portrait d'une amerique en crise qui trouve ses petits plaisirs dans les armes, les voitures, la television et la radio, et bien sur la consommation, comme le montrera encore plus clairement le deuxieme volet de la trilogie "down of the dead" mettant en scène des morts ayant gardé le souvenir d'un lieu souvent frequenté: le supermarché. "L'homme est un loup pour l'homme", autre citation celebre qui s'applique a merveille a ce film, tant sur une petite echelle, le drame de la grange, que sur une grande echelle, les raisons de l'invasion des morts nous etant donné a travers les media: une explosion d'une sonde envoyé sur Venus a provoqué une pluie radioactive. A jouer a l'apprentis sorcier, l'homme en vient a recolter le resultat de sa propre folie. Le cauchemar ne prendra fin que le lendemain, lorsque les chasseurs de monstre, dans une scène qui n'est pas sans rappeler le conflit vietnamien, abatront le dernier survivant de la grange qu'ils avaient prit pour un zombi. L'affrontement final qui voit la mort du survivant, un noir, nous montre dans une ultime critique, le racisme ambiant de l'epoque, on pense entre autre a l'assassinat de Martin Luther King... Le renouveau de l'aube sur la nuit du drame n'apporte pas la justice, ni le soulagement, elle conclue l'hécatombe, l'homme noir est mort, le cauchemar est enfin finit ?
Rappelant ainsi le roman de Matheson, "i am a legend" ainsi que le film inspiré du roman "the last man on earth" sorti l'année précédente, et dont on retrouvera de nombreux plan totalement identique, George Romero nous livre le fleuron du genre, un film de minuit engagé, effrayant de par l'horreur des images mais aussi effrayant par le cadre réaliste de l'action et par la justesse du propos qui amene a reflexion.
"the night of the living dead" est un film que l'on ne risque pas d'oublier, profondement derangeant, le malaise ne cesse d'exister.

# Posté le mercredi 01 août 2007 08:29

"white zombie" de Victor Halperin

"white zombie" de Victor Halperin
Pour ceux qui aurait eu la chance, après avoir bataillé ça et là pour trouver une copie encore décente de "white zombi", j'adresse ce petit article. A tout les grands amateurs de zombi, il est important d'annoncer que ce film est le premier a employer ces termes, notamment celui de "mort vivant". Pourtant loin de la campagne anglaise, le film de Halperin n'est pas depourvu de l'inquietante atmosphere gothique, le tout a tout simplement été transposé a Haiti, lieu de l'action, les champs de canne a sucre remplaçant la lande anglaise, et les maisons colonials les chateaux hanté. Mais etonnament, cette maison colonial, centre du drame n'est pas sans rapeller le chateau des Carpathes, et Bella Lugosi, Dracula. Dans tout les cas, si les amateurs d'univers gothiques retrouveront cette atmosphere qui leur est chere, on ne peut pas en dire autant des fans de zombi made in Romero. Ici le zombi est une créature en tout point semblable a un humain, si se n'est ce regard fixe, hagard, les yeux mi révulsés, et a la demarche un peu trainante. Bien loin de l'explication scientifique de Romero qui nous montrait l'homme responsable de la catastrophe survenue, le zombi de Halperin n'est que le fruit d'un sortilège vaudou. Ils sont manipulés par un maitre qui les utilises a son service. On retrouvera quelques de ces themes dans les futur films de Romero, ainsi, dans "day of the dead" un scientifique tente de domestiquer les zombis. Mais, le film de Halperin reste avant tout un chef d'oeuvre romantique: un homme et une femme s'aiment eperdument. Ils arrivent a Haiti pour se marier. Mais, l'homme qui les reçoit est lui aussi fou d'amour pour cette derniere ; il va donc chercher auprès d'un mysterieux inconnus (Bela Lugosi) un filtre qui lui permettra, par l'application d'une seule goutte, de tuer la bien aimé, pour ensuite exhumer son corps et la ramener a la vie sous la forme d'un zombi. Vraiment, l'amour est le theme central de l'action. Elle motive chacun des actes des protagonistes. Lorsque le riche propriétaire se rendra compte de son erreur, l'amour ne pouvant s'accomplir pleinement avec un corps denué de conscience, il decidera de lui redonner la vie. Mais le manipulateur en ayant decidé tout autrement s'opposera a lui. Le drame s'acheve par la mort du manipulateur, entrainé dans un precipice par le propriétaire terrien qui se sacrifie pour sauver le veritable amour entre la jeune femme et son fiancé. On comprend donc que ce film est avant tout un film romantique, comme pouvait l'etre les films issus de la tradition gothique a l'époque, ou les femmes zombis ressemblent plus a de belles créatures fantomatiques et ou le fantastique n'est plus qu'un pretexte pour illustrer les tourments de l'amour qui animent les etres.

# Posté le mercredi 01 août 2007 08:31

Modifié le dimanche 26 août 2007 07:30